Home / Mines et carrières de Haute-Savoie / Meulières du Mont Vouan [13]

La pierre extraite au mont Vouan a souvent été qualifiée à tort de molasse. C’est à l’origine une pâte formée d’un mélange détritique argileux, plus ou moins calcaire et plus ou moins chargé de petits grains de quartz. Soumise à de fortes pressions, cette pâte s’est transformée en pierre. La différence entre molasse et flysch n'est pas évidente. Une molasse est autochtone, ce n'est pas le cas des flyschs gréseux du Vouan qui ont géologiquement étés déplacés sur de grandes distances et mis en place par une nappe de charriage. La Molière de la Corbière, située sur la commune de Saint-André-de-Boëge, était en pleine activité au XIIIème siècle. En 1750, les lourdes meules de moulin sont destinées à tout le bas Faucigny, le Genevois, Genève et ses environs. La Molière à Vachat a été abandonnée en 1908. La pierre du mont Vouan était moins résistante que d'autres roches. Dans les moulins elle finit par constituer la seule meule dormante. On fit venir du Chablais des meules tournantes plus dures. En 1860, avec le développement des chemins de fer arrivèrent alors des meules d'autres régions comme celles de la Férté-sous-Jouarre en Seine-et-Marne. La Grande Gueule, la Molière à Vachat, la Meulière Noire, la Meulière Longue font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 mars 2009. Dans le Vouan, il ne s'agit pas d'exploitations vraiment souterraines mais de travaux effectués en encorbellement au pied des falaises où dans de courts abris sous roche. Ils sont étirés sur une distance de plusieurs kilomètres mais le groupe le plus important se situe sur la falaise occidentale du Mont Vouan à la base d'une falaise haute d'une cinquantaine de mètres. Les « galeries » peuvent avoir un front long de 200 mètres pour une hauteur de 5 à 8 mètres avec des empruntes de meules à tous les niveaux. Les meules étaient utilisées dans des moulins pour broyer le grain et produire de la farine. En dehors des meules, la pierre fut également utilisée pour la construction des maisons, les montants des ouvertures, les appuis des fenêtres, des dalles ou des marches d'escaliers. Aujourd'hui certaines de ces pierres se désagrègent ou se fendillent d'une manière inexorable. Les roches taillées étaient débitées en meules dont le diamètre allait de 0,90 à 1,50 mètre pour une épaisseur de 30 à 40 centimètres. Au pied de la paroi, l'artisan traçait d'abord au compas le contour de la pierre à extraire puis il creusait au burin le sillon de détourage. Pour détacher la meule du rocher, tout les 10 centimètres on enfonçait « en tournant » des coins de fer ou de bois dans le sillon et la meule « tombait toute seule ». La finition était exécutée sur place Documents consultés. Bajulaz (Lucien) et Decrouez (Danielle) – Les anciennes carrières de pierre des Voirons et du Mont Vouan – Bulletin de l'ESPI (Etude et Sauvegarde du Patrimoine Industriel) - Bulletin numéro 3 – 27 pages - 1987.
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